Entretien avec … Camille

UN WEEK-END DE NATURISME EN FAMILLE au centre naturiste Euronat

Il y a quelques mois j’ai été contactée par le centre naturiste Euronat pour un partenariat. En échange d’un article sur mon blog et d’une visibilité sur Instagram ils proposaient pour moi et ma famille :

  • Deux nuits dans un mobile-home 
  • Une séance de soins au spa 
  • Un restaurant en famille

Alors bien sûr on a dit oui ! Sans hésiter. Un GRAND oui.
Nous avons roulé droit vers le sud en suivant la côte, et après quelques heures de route nous avons sauté dans le premier bateau à Royan pour arriver dans cet immense camping aux allures de village. Je me présente à l’accueil du centre afin d’obtenir nos pass. Jusqu’ici tout semble normal. Et puis la barrière se soulève, la voiture s’engage dans les allées de pins et…

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Le naturisme à la piscine

Un couple de retraités se balade à vélo (nus), deux jeunes femmes discutent sur le chemin (nues), une famille se dirige vers la piscine (ils sont tout nu). C’est à la fois surprenant et attendu. C’est… nouveau. Aucun doute, nous sommes bien arrivés dans le centre naturiste Euronat !

À peine sortie de la voiture, Charlie fait valser ses vêtements et se met à sauter comme un cabri sur la parcelle qui nous est dédiée. Benoît décide d’enfiler son maillot pour aller jusqu’à la piscine à pied. Gaspard exige de porter lui aussi son maillot, il veut absolument aller à la piscine et a bien intégré les interdits sociaux de notre quotidien. Il est persuadé qu’il ne pourra pas entrer dans la piscine sans son maillot malgré nos tentatives d’explication. Moi, j’opte pour un paréo noué à la taille. Et zou ! En route pour la piscine, les enfants courent devant nous, ils attendent ce moment avec impatience depuis des heures, on videra la voiture plus tard !

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À la piscine tout le monde est nu, nous laissons très naturellement tomber nos derniers vêtements. Les gens vaquent à leurs occupation et tout semble si normal ! Il y a des gens de tous les âges : de très jeunes enfants, des enfants tout court, de jeunes adolescents, des moins jeunes, des adultes de tous les âges, de vieilles personnes. Il y a aussi toute une palette de morphologies, du plus petit au plus grand, du plus fin au plus gros, des poitrines pleines, naissantes, fermes, tombantes, des fesses lisses, rebondies, marquées, des pénis et des testicules tous plus variés les uns que les autres, des poilu.e.s, des rasé.e.s, quelques piercié.e.s ou tatoué.e.s… Une multitude de corps. Décomplexés.

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Je ne vais pas te mentir en te disant que tous mes complexes ont disparu dans la seconde, j’ai eu besoin d’un petit temps d’observation avant de pouvoir me mouvoir vraiment librement mais WAHOU ! Qu’est-ce-que c’était bon ! Me baigner nue, sentir la chaleur du soleil sur tout mon corps, ne pas me sentir observée, et voir tous ces humains bouger leur corps sans se soucier du regard des autres… c’était vraiment très libérateur.

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J’abandonne mon amoureux, nos enfants et la piscine pour me rendre au spa ou je suis attendue pour mon plus grand bonheur ! Seule dans les allées de pins je me sens un peu mal à l’aise avec un simple paréo dévoilant mon torse nu, mais je prends mon courage à deux mains et décide de me rendre au spa dans cette tenue. À l’accueil je suis accueillie par une chouette équipe qui me propose d’emblée de visiter les lieux. Je suis quasi nue dans ce joli hall à la décoration soignée. Elles sont toutes habillées. Un malaise s’empare de moi. Je me sens… mise à nu par ce décalage entre elles et moi. Lorsque la visite s’achève je suis soulagée de me rendre aux vestiaires où je me mêle aux visiteurs qui eux, sont tous nus. Des casiers sont mis à disposition dans une pièce décorée avec goût, quelques jolis miroirs, des bancs et de chouettes luminaires me mettent en confiance. Je croise un monsieur qui me salue, mon malaise s’est dissipé, nous sommes égaux dans notre nudité. Le reste n’est qu’une suite de bons moments ! Le bonheur de faire un hammam nue, de prendre une douche sans maillot collant au milieu de quelques autres personnes très respectueuses de mon intimité. Le plaisir de me baigner dans une eau de mer chauffée, de sentir les jets d’eau masser mes épaules. Le plaisir de lire étendue sur un transat au soleil, dans le petit jardin à l’abri des regards, en compagnie d’une ou deux personnes, et puis le gommage au sel de mer, le massage au beurre de karité sur tout mon corps. Je suis en plein kiff ! Et ma nudité n’est pas du tout, DU TOUT, un problème. C’est nouveau, un peu déstabilisant, mais tellement agréable !

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Le lendemain, dimanche, le spa est fermé et je propose de passer prendre quelques photographies pour vous faire découvrir ce chouette endroit. Je décide d’y aller en robe afin de ne pas me sentir en décalage avec les deux femmes qui font le ménage des lieux. Ce n’est pas ma nudité qui me met mal à l’aise, c’est l’impression de franchir un interdit toute seule, je crois. Les deux femmes m’expliquent que depuis quelques mois, la direction cherche des alternatives pour réduire l’impacte écologique du spa. Je leur parle alors de notre mode de vie zéro déchet et c’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’elles me racontent leur travail et tout ce qu’elles ont déjà mis en place. Ménage des sols au bicarbonate ou au vinaigre blanc autant que possible, lavage en machine des éponges pour les utiliser le plus longtemps possible, utilisation de gobelets nominatifs en cartons pour les usagers (elles sont passé de trois gros sacs-poubelles de gobelets en plastique à un sac par semaine) ( prochaine étape, des verres réutilisables ?) et tout un tas d’autres trucs qui seraient trop long à lister ici. Elles ajoutent fièrement qu’en plus de réduire leur impact écologique elles font des économies certaines. Même constat que chez nous.

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La plage naturiste

C’est à la plage que le naturisme prend tout son sens ! On a tellement aimé nous y rendre presque nu (les enfants à poil, Benoît en maillot, moi en paréo) et ne pas perdre de temps à retirer nos vêtements. On a tellement aimé sentir la brise et le soleil sur la moindre parcelle de peau de nos corps. On a tellement, tellement, tellement aimé sauter nu dans les vagues en amoureux pendant que les enfants jouaient dans le sable ! J’ai adoré me laisser entrainer par Charlie au bord de l’eau pour sauter par-dessus l’écume, main dans la main. Je me suis réellement fichue du regard des autres sur mon corps, je ne me suis pas sentie moche, ridicule ou complexée comme je l’aurais été en temps normal. La plage est vaste et moins peuplée que les plages traditionnelles. Notre espace vital est plus grand, notre intimité aussi. Et puis les corps me semblent vraiment plus libres, personne ne prend la pause, chacun vaque à ses occupations sans se soucier des regards. Je trouve que ça change tout. Et en toute sincérité, je me suis sentie beaucoup plus à l’aise sur cette plage, nue, que sur toutes les autres plages de ces dernières années, en maillot. C’est un sentiment partagé par Benoît. Et par des amis naturistes.

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Pour tout vous dire on avait déjà noté les plages naturistes autours de chez nous lors du déménagement et avions toujours eu la flemme de devoir prendre la voiture pour nous y rendre (je te rappelle qu’on a une plage au bout de notre rue). Mais aujourd’hui on se dit que ça vaut franchement le coup d’y aller ponctuellement ou régulièrement, ne serait-ce que pour que nos enfants voient des corps nus et conservent leur aisance avec la nudité. Je ne veux pas leur refiler nos complexes. Je ne veux pas leur refiler l’interdit du nu. Je ne veux pas qu’ils aient honte de leur corps. Je veux qu’ils soient bien dans leur peau, habillé et nu. Je veux qu’ils aient une image réaliste des corps à tous les âges de la vie. Je ne veux pas qu’ils dépendent des images stéréotypées que leur impose notre société. Je veux pour eux, le même rapport au corps que ce que j’ai pu observer à la piscine. Des femmes et des hommes qui n’ont pas peur décarter les jambes, de lever les bras, de courir, de sauter, de montrer leur bourrelets. Ici je n’ai pas vu de femme bloquée sur sa serviette par peur du regard des autres. Je n’ai pas vu de regard déplacé. Je n’ai pas vu de pose sexy. J’ai simplement vu des corps immobiles ou en mouvement dans des positions confortables pour elleux. Et moi qui suis habituellement cette femme un peu coincée sur ma serviette, un peu honteuse et très très consciente de mon corps et de l’image qu’il dégage, j’ai vraiment senti la différence. Et c’est libérateur !

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Le mobile-home naturiste

Au mobile home aussi nous avons adoré être naturiste. On est du genre à dormir nu et à se balader nu à la maison. Régulièrement les enfants jouent nus dans le jardin. La nudité dans notre famille est aussi normale que le fait d’être habillé. Mais pour moi et Benoît ça se limite à l’intérieur de notre maison sans vis-à-vis. Dehors on n’ose pas à cause du voisinage.

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Alors quel bonheur de ne plus se soucier du voisinage ! On se lève le matin, Benoît prépare son café et sort le boire au soleil sur la terrasse. Je m’installe sur un transat pour lire. Les enfants sautent du lit et courent jouer dehors. Le voisin passe et nous salue. Il fait bon dehors, on est tous à poil, et tout va bien. Un peu plus loin j’apperçoie une voisine qui sort de chez elle, elle a enfilé un gilet contre la brise. Un autre promène son chien en tong et casquette. Une famille passe à vélo : la maman est nue à l’exception des chaussures, le papa porte un t-shirt, la grande soeur est torse nu et porte un short, le petit frère arbore une casquette. D’ailleurs je me fais la réflexion qu’on s’habitue très vite à voir des femmes torse nu régulièrement, ici c’est aussi commun qu’un homme torse nu et ça me fait drôlement plaisir ! D’ailleurs on s’habitue aussi très vite à croiser des gens nus partout, tout le temps. C’est notre propre nudité qui est plus difficile à apprivoiser. Chez les autres ça semble vite normal et très naturel, ce qui aide d’ailleurs à franchir le pas. Si le corps des autres ne nous choque pas, pourquoi notre corps serait-il choquant ? Alors petit à petit on se lance.

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C’est ainsi que lors d’une balade sur la place du village je décide de faire tomber le paréo que je m’empresse de ranger dans mon sac à main. Je me retrouve donc en sandales et sac à main. Les enfants sont nus, Benoît est en maillot. Je me colle à lui, il me rassure, comme un paravent. Je respire plus vite, dans les allées arborées c’était déjà un peu difficile mais sur la place c’est carrément autre chose. Il y a autant de gens nus que de gens plus ou moins habillés. Je me sens un peu en décalage. Je vois bien que personne ne m’observe mais j’ai l’impression de faire un truc interdit. C’est étrange, vraiment déstabilisant. Nous entrons dans une épicerie pour faire nos courses. Les employés sont habillés (ils le sont tous dans ce centre, à l’exception des employés de la piscine et de la plage), la moitié des clients aussi. Dans ce magasin, rien n’est naturel. Ni la lumière crue des néons, ni le sol carrelé, ni la nourriture suremballée… Je sens l’angoisse qui monte, je n’arrive plus à répondre à Benoît, peu à peu je suis tétanisée, comme dans un cauchemar qui se réaliserait. Je suis nue dans un lieu publique, c’est interdit. J’ai beau savoir que nous sommes dans un centre naturiste, l’interdit prend le dessus et je ne suis plus capable de raisonner. À la caisse je vis un enfer et en sortant je suis extrêmement mal à l’aise, incapable de prendre la moindre décision. Benoît me suggère d’enfiler mon paréo. Je l’enfile. Et la crise d’angoisse file aussitôt. OUF ! Tout va bien. Maintenant je connais mes limites et je sais qu’il me faudra du temps pour déconstruire tous ces interdits ancrés dans mon inconscient. À partir de ce moment je m’habille dans les lieux publics afin de rester dans ma zone de confort.

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À l’inverse, Benoît se défait de son maillot le lendemain. Il n’est pas toujours très à l’aise mais tant qu’on est à l’extérieur, il gère. On oublie les commerces et les restaurants trop difficiles pour le moment. Il s’en tiendra aux déplacements jusqu’à la fin du séjour tandis que je l’accompagne avec mon fidèle ami le paréo.

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Une dernière plage et puis s’en va !

Après une dernière virée à la piscine (où je me suis sentie nettement plus à l’aise que la première fois) afin de profiter des toboggans en plein air, nous décidons de manger à la plage. C’est vraiment un lieu où l’on se sent bien ! Il y a beaucoup moins de couleurs criardes sur une plage naturiste. Quelques serviettes et parasols. Pas de vêtements ni de maillots aux couleurs vives. Les gens qui se baladent le long de l’eau ne coupent pas la vue, ils se fondent simplement dans le paysage.

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Nous pique-niquons en famille : des tomates, des nectarines, du pain et des trucs à tartiner vegan trouvés dans la fameuse épicerie. Nous sautons dans les vagues une dernière fois. Les enfants se roulent dans le sable. On plie bagage et on s’en va. Pas besoin de frotter le sable, de se tortiller dans une serviette pour se rhabiller discrètement. On se lève, on range nos affaires dans le sac de plage et on part. Nus. C’est si simple et agréable ! Je me dis que les gens qui enfourchent leur vélo pour rentrer chez eux tout nu ont bien raison de ne pas se soucier des clichés du qu’en-dira-t-on. Dans un camp naturiste le vêtement est là si besoin, mais il n’est jamais une entrave à la liberté. C’est tellement simple et évident comme raisonnement.

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Le mot de la fin

« Euronat est l’endroit idéal pour une première expérience. Ici, l’espace et la nature vous permettront de découvrir cet art de vivre en toute sécurité mais aussi en toute intimité. Vos barrières psychologiques ou sociales s’effacent pour laisser place à un grand bien-être et surtout, à la simplicité. Vous êtes prêt pour vivre des vacances inoubliables. Sentir le vent sur sa peau et la douceur bienfaisante de l’air marin, mais aussi se baigner nu dans l’océan, sont des sensations extraordinairement vivifiantes. Les complexes s’envolent, un sentiment incroyable de liberté, vous enveloppe, et vous rappelle que la nudité est notre premier état dans la vie. »

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Je suis d’accord avec chaque mot de cette citation tirée du site Euronat ! J’ai adoré vivre cette expérience et je les remercie chaleureusement pour leur confiance. Nous retenterons certainement ce mode de vie naturiste une prochaine fois ! Pour vous dire on a même très sérieusement lorgné sur les maisons à vendre dans le centre. Jusqu’à ce qu’on se rappelle que nous souhaitons voyager deux mois chaque été par la suite. Donc bon. Ça perdrait un peu de son intérêt.

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Publié avec l’autorisation de Camille du blog www.melmelboo.fr.

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